Le brainstorming inversé

Qu’est-ce que le brainstorming inversé ? Également appelé brainstorming négatif, il consiste tout simplement à prendre un problème à l’envers pour trouver une solution à l’endroit. Le marketing et la communication utilisent ce type de démarche pour gérer plus de créativité, on parlera de reverse-thinking.

Utilisation

Le brainstorming inversé sera utilisé pour favoriser la génération d’idées nouvelles et inattendues. Vous pouvez utiliser cette méthode durant un brainstorming comme technique de relance.

Cette technique est très efficace pour aider l’équipe à trouver des opportunités sur le projet mené.

Bénéfices

► Cette technique facilite l’identification de nouvelles solutions à des problèmes complexes car vous élargissez le champ des possibles.

► Cette méthode vous permet de focaliser sur les causes du problème et pas seulement sur les effets.

► Vous utilisez l’énergie des ronchons qui participent très volontiers puisqu’il faut citer des idées négatives.

► Généralement, ces séances sont sources de fous rires car elles nous mènent à des situations cocasses.

Précautions

Les participants peuvent avoir l’impression de devoir résoudre un paradoxe ou même de répondre à côté de la question de départ. Cela provoquera parfois une incompréhension de la démarche. Il est alors utile que l’animateur rassure le groupe et précise l’intérêt de ces détours, à savoir qu’ils permettent de favoriser la production d’idées et de changer d’angle de vue.

Les compétences en dynamique de groupe et en animation de groupe de l’animateur sont essentielles pour mener à bien ce travail de production d’idées.

Démarche

1 – Identifier clairement le problème ou le défi à relever, et le noter.

2 – Inverser le problème

Exemple : on peut inverser une question typique telle que « comment puis-je résoudre ou prévenir ce problème ? » en « Comment pourrions-nous agir pour obtenir le problème et l’amplifier si possible ? »

 3 – Lancer le brainstorming sur le problème inverse pour générer des idées de solution inverse
Autoriser la circulation libre des idées sans rejeter quoi que soit à ce stade.

4 – Une fois que vous avez obtenu toutes les idées pour résoudre le problème inverse, il suffit d’inverser ces idées en solutions.

5 – Évaluer les propositions. Vous aurez sans doute une piste de résolution potentielle.

Exemple 

Un client était confronté à de nombreux retards sur ses projets (pour ne pas dire tous ses projets). Lors d’un atelier avec différents chefs de projets triés sur le volet, nous recherchons des solutions. La première demi-heure de travail reste peu productive car l’élément récurrent est : le problème est ailleurs. Les fournisseurs ne sont pas fiables, les clients changent toujours d’avis et au dernier moment, le personnel manque de formation, le siège nous impose des règles inadaptées, etc.

Nous avons donc mis en place un brainstorming inversé. La question n’était plus « Comment éviter les retards sur les projets ? » mais « Comment être sûr de ne jamais finir nos projets ? » De nombreuses idées ont émergé : « Il serait bon de ne pas réaliser de planning », « on pourrait ne pas suivre le planning », « il faudrait recruter de mauvais profils », « on devrait surcharger le personnel sur trop de projets », etc.

Nous avons repris chaque proposition pour les détailler. Bien entendu, chaque chef de projet réalise un planning. En creusant, nous nous sommes aperçus que les plannings étaient constitués en début de projet sans mise à jour durant la vie du projet ! Ces plannings étaient basés sur un modèle type que l’on présentait au client pour le rassurer mais comme chacun s’accordait à dire que l’on serait en retard, la mise à jour était inutile…

Les chefs de projets ont pris conscience de nombreuses mauvaises habitudes. Nous avons mis en place des formations sur les pratiques de gestion de projet en insistant sur le sens de chaque action pour pérenniser la démarche. Durant ces ateliers, nous avons utilisé les exemples concrets obtenus lors du brainstorming inversé.

Extrait de :

Pratiques de management de projet – 2e édition
46 outils et techniques pour prendre la bonne décision
Collection : Management/Leadership, Dunod
Parution : janvier 2017
Vincent Drecq, Conseil ORGA
Voir la fiche détaillée du livre

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